Benjamin Siksou by Milega

Publié par Milega

 

Peux-tu te présenter pour ceux qui ne te connaîtraient pas ?
Je m’appelle Benjamin Siksou. J’ai 21 ans. Je chante. J’écris des chansons. J’aime beaucoup le cinéma et j’ai l’intention d’écrire des films un jour.

Excité par cette rentrée un peu particulière pour toi ? 
Oui ! Je ne vais pas à la fac cette année !

Tu étais en histoire de l’art…
Ouais… mais déjà l’année dernière, j’avais décidé de ne pas recommencer une année universitaire mais de me lancer dans la musique et dans l’art en général.

Aujourd’hui, tu essaies de te professionnaliser. Tu es en train de former une équipe autour de toi. Quelle est la prochaine étape ?
Ecrire un album…
…dans l’idée de présenter de nouvelles maquettes aux maisons de disques parce que tes anciens morceaux ne te plaisent plus ?
Effectivement, je ne sais pas encore si je vais garder mes anciens  textes et mélodies. J’ai plutôt envie de repartir sur de nouvelles bases avec de nouveaux morceaux que je compte maquetter cet hiver pour normalement commencer à enregistrer en janvier et sortir un album en septembre 2009.

J’ai déjà écrit un morceau avec Hugh Coltman juste avant de partir en vacances cet été. Un grand moment ! C’est un artiste que j’adore. Je le connaissais déjà. J’avais fait la première partie d’un de ses concerts à La Bellevilloise et comme ça s’est super bien passé, je me dis qu’on pourrait éventuellement faire d’autres morceaux ensemble.

Tu as donc trouvé une maison de disques ?
Non. C’est l’étape suivante mais j’ai d’ores et déjà des contacts.

Depuis cet été, tu as  un manager. Comment l’as-tu rencontré ?
C’est elle qui m’a contactée après la Nouvelle Star. Elle connaissait un peu
Philippe Manœuvre. Il lui a donné mes coordonnées. C’est génial parce que c’est vraiment la personne qu’il me fallait pour évoluer et partir sur un projet sérieux et « officiel ».

Qui est-elle ?
Nicole Schluss. Elle est la manageuse de -M-, de Vanessa Paradis, de Diam’s, de Oxmo Puccino.  Elle a une boîte de production qui s’appelle « Derrière les planches » et elle s’occupe aussi actuellement de Ariane Moffat et Manu Larrouy.

Qu’est-ce qu’elle fait concrètement pour toi ?
C’est un travail au quotidien. Pour l’instant, je travaille mes morceaux dans mon coin. Ensuite, comme elle connaît beaucoup de gens, l’idée serait de me trouver un tourneur pour recommencer à faire des dates, de chercher un réalisateur pour l’album, de me faire rencontrer d’autres musiciens…

Tu es donc prêt à faire des dates avant la sortie de l’album ?
Oui, c’est plus que jamais le moment, pour moi, d’en faire ! A Paris bien sûr mais aussi dans toute la France.

Tu  as un peu l’étiquette télé, la scène… (il me coupe la parole)
… nonobstant l’étiquette
Nouvelle Star ! Je faisais des concerts avant l’émission !

Dans ta dernière interview pour L’Officiel Hommes (actuellement en kiosque), tu dis vouloir faire un album avec une base jazz/blues et des tonalités de hip hop et rock…
L’idéal, pour moi, est de prendre l’essence de chaque musique que j’aime et de mélanger tout ça. Il y a la liberté dans le jazz, dans l’improvisation, dans la façon de chanter. Y a un truc de l’instant hyper instinctif. Travailler autour de l’improvisation, ça ne vient pas comme cela. Faut travailler en amont. Dans le blues, c’est plus le côté gospel. C’est la première musique que j’ai écoutée. C’est celle qui est la plus ancrée en moi. Le rock, pour son énergie, notamment sur scène. La soul pour son feeling et le hip hop pour son beat. Je pense qu’aujourd’hui on ne peut pas faire de musique en occultant toute la culture hip hop qui existe depuis 30 ans maintenant. Elle fait partie du patrimoine.
Erykah Badu, The Roots mélangent à merveille le hip hop avec le jazz : il y a un nouveau groove qui est né il y a 10 ans et il faut continuer à le faire évoluer.

Quels artistes écoutes-tu en ce moment ?
J’écoute deux albums en boucle :
Nigerian Wood de
Kesiah Jones. C’est vraiment génial. C’est un mec que j’aimais mais sans plus. Je ne m’étais pas intéressé plus que cela à  lui. Je connaissais juste les morceaux qui passaient à la radio… et son dernier album est incroyable ! A chaque écoute, je découvre de nouveaux trucs, c’est magnifique. Le deuxième album que j’écoute en boucle est celui de Hugh Coltman… mais je suis un chanceux, je l’ai eu en avant-première : il ne sort qu’en octobre.

Composer, écrire… c’est un travail solitaire, tu arrives à te structurer ?
Le vrai travail, c’est ça justement. Ce n’est pas seulement penser à un truc bien. C’est d’en faire quelque chose. Que cela ne reste pas seulement une idée sur un bout de papier. Une idée qui s’oublie. Y a des périodes où il ne se passe rien du tout et il y a des périodes où ça vient tout le temps. Faut alors en profiter parce que ce n’est pas comme çà en permanence.

Quand as-tu commencé à écrire et composer ?
Quand j’ai rencontré mon prof de chant,
Albert Assayag. Je venais juste pour chanter du jazz et un jour, il m’a dit qu’il fallait absolument que j’écrive mes propres chansons. C’était juste avant les vacances. Il m’a conseillé de prendre un carnet, de noter les accords etc. J’ai alors écrit 6 chansons. Je suis revenu hyper fier à la rentrée. Depuis, c’est devenu vital pour moi.

Par quoi commences-tu pour écrire une nouvelle chanson ? La mélodie ? Le texte ?
Je peux commencer par une mélodie fredonnée dans la rue ou un bout de phrase écrit la veille. Souvent, j’ai un thème, je mets du scat dessus puis cela me fait penser à un mot, à quelque chose… mais je n’ai pas de règles.

Qu’est-ce qui t’inspire lorsque tu crées un nouveau morceau ?
C’est la musique que j’écoute, ce sont  mes amis… c’est aussi l’atmosphère dans la laquelle je me trouve au moment où je suis avec ma guitare, mon piano, un stylo à la main… c’est tout ce qui s’est passé, au final, depuis toujours : à un moment précis, je peux faire le lien avec quelque chose qui s’est passé le jour même, ou le jour d’avant voire il y a 10 ans. Un truc qui revient. Un élément déclencheur.

Ton inspiration est donc plus du domaine de l’intime. Ne pourrais-tu pas imaginer t’inspirer de l’actualité politique ou sociale par exemple ?
Je ne ressens pas la nécessité aujourd’hui de prendre position… et surtout, j’ai compris il y a deux ans que je peux avoir plusieurs supports pour m’exprimer : le chant mais aussi l’écriture pure et simple ainsi que le cinéma. Si un thème social me tient à cœur, j’aurais plus d’idées pour le mettre en scène que pour le chanter. Aujourd’hui, j’ai plus envie de chanter quelque chose de l’instinct, de simple, sur des ressentis, des sentiments plutôt que sur des sujets, des thèmes.

Pourquoi en anglais ? En français ? Ca te vient naturellement ?  Y a-t-il des sentiments que tu parviens plus à exprimer dans une langue que dans une autre ?
Le fait de ne pas totalement maîtriser la langue anglaise me permet de parler plus simplement de thèmes tel que l’amour. Pour moi, en anglais, on va plus à l’essentiel et ce au-delà de la forme de la langue anglaise qui coule, très musicale tandis qu’en français, on complique plus les choses même si le français permet d’être plus percutant, plus engagé mais pas que d’un point de vue politique. Pour moi, il y a aussi moyen de faire groover la langue française.

Comment composes-tu ? Avec ta guitare ? Ton piano ?
Les deux et je suis sur Garage Band aussi. Je m’essaie à faire des trucs, des cordes, des machins…

Serais-tu genre à vouloir enregistrer un album avec des vieux instruments dans un studio mythique ou tu n’es pas si nostalgique/fétichiste ?
Je n’ai  pas du tout envie de faire un truc rétro, sixties ou quoi.

Tu cites souvent Alain Bashung comme un de tes artistes français favoris. Qu’est-ce que tu préfères chez lui ? Sa voix ? Ses textes ? Ses mélodies ?
Justement le côté un peu complet de ses projets à chaque fois. Ses textes… c’est l’alliance parfaite entre le dit et le non-dit. Ses mélodies… il fait groover ses mots, c’est comme du hip hop, il balance un rythme. Il est capable de faire aussi bien des albums symphoniques qu’acoustiques comme son dernier… je suis admiratif.

Quels sont tes sujets de prédilection hormis l’Amour ?
Ce qui a de bien avec une chanson, c’est qu’il faut être clair, concis. C’est une forme très simple et en même temps cela donne la possibilité d’aborder des thèmes assez flous… c’est exactement ce que fait Bashung. Pas forcément être très clair pour avoir plusieurs lectures et ainsi permettre plusieurs interprétations. Une chanson peut parler de choses indicibles et c’est pour ça que l’amour et quand on est amoureux…

 

(fin de la cassette… autant vous avouer que j’ai oublié la fin de la phrase… Bref ! Ce n’est pas cette fois que nous saurons comment  l’état amoureux chez Benjamin Siksou influe sur son écriture…)

 

Tu dégages une énergie incroyable sur scène. Tu te métamorphoses. Comment te sens-tu sur scène ? Transcendé ?
Oui, c’est un peu le but, choper l’état de transe…
… tu le recherches !?
 Oui. Les montées, les descentes. Faire monter le morceau, le faire évoluer…
… y a –t-il des moments où tu n’as plus conscience d’être sur scène ?
C'est rare mais ça arrive lorsqu’il y a une osmose parfaite entre les musiciens, que le morceau tourne depuis un moment… Ca monte. Ca explose. Ca redescend.

A Baltard, tu as ressenti ces sensations ou c’était un dispositif trop différent ?
A Baltard, on ne jouait pas d’instruments sur les solos mais cela a pu arriver une fois passer le stress des premières notes.

Tu as  l’habitude de jouer avec tes musiciens qui sont également tes amis. A Baltard, non. Comment t’es-tu adapté ?
Actuellement, je joue avec
Wladimir Shall (basse) avec qui j’ai fait mes premiers enregistrements sur Garage Band, avec Sacha Naigard (batterie) et Aurélien Barbolosi (guitare) avec qui j’ai aussi fait des enregistrements. Sinon, j’ai l’habitude d’aller dans des clubs de jazz où il y a des jams et où justement le but est de faire des morceaux avec d’autres musiciens sans se connaître et de voir si ça fonctionne ou pas. A Baltard, je n’ai donc pas été déstabilisé de jouer avec de nouveaux musiciens.

Pour l’enregistrement de ton album, tu souhaites travailler avec tes 3 musiciens ou tu vas en chercher d’autres ?
Sacha qui est aussi le batteur des Second Sex ne sera pas disponible. Leur album sort bientôt (NDRL : 13 octobre) et ils vont être, cet hiver, en tournée dans toute la France. Pour Wlad et Aurélien, je ne sais pas encore mais ce qui est clair, c’est que je vais continuer de faire de la musique avec eux. Que ce soit sur scène, en studio ou dans un travail de co-écriture.

Après ce buzz incroyable et cette expérience unique qu’est la Nouvelle Star, as-tu découvert de nouvelles facettes de ta personnalité ? Quelles ont été les premières réactions de tes proches ? Fiers ? Etonnés ?
Je pense qu’ils étaient fiers. Etonnés ? De me voir dans ce contexte peut être mais pas étonnés de ce que je faisais. Ils m’avaient entendu chanter un milliard de fois avant…

… mais tu as progressé entre le premier et le dernier prime quand même !
Il y a une progression, oui, dans le fait de se lâcher. Je me suis peu à peu senti à l’aise dans ce dispositif télévisuel et dans le formatage. Quand je dis « formatage », ce n’est pas forcément péjoratif : une émission de télé à 20h50 a un format. Ensuite, à voir ce qu’on peut y faire à l’intérieur. Au début, on est un peu écrasé puis au fur et à mesure, on trouve ses marques.

Il est vrai qu’au final, tu es l’un de ceux qui a le plus joué le jeu. Je ne t’ai jamais entendu te plaindre du programme.
Je m’attendais tellement au pire…  mais je partais avec des convictions ! Je ne me suis pas dit : « je ne veux pas faire ça ou ça ! » mais plutôt : « je vais faire ce dont  j’ai envie » et si pour chanter du
Donny Hathaway, je devais faire un duo comme « Paroles, Paroles »… pas de problèmes… j’y allais ! C’est ce qui me faisait marrer dans cette émission : chanter des trucs que je n’aurais jamais fait autrement.

Pourquoi t'exprimais-tu si peu pendant la Nouvelle Star ?
a) Je voulais me préserver

b) J'avais rien à dire

c) J'aimais bien me la péter

d) J'étais traumatisé par la vidéo de Télé7jours qui circulait sur le net

e) Pour faire parler les bavards

Pour toutes ces raisons !

Et ce projet musical avec Jules, Thomas et Ycare, les Moustaki’s ? Vous voulez toujours faire quelque chose ensemble ?
On ne s’est jamais vraiment retrouvé tous les 4 depuis la fin de la
Nouvelle Star. Normalement, Thomas va venir vivre à Paris bientôt, Jules passe son bac dans le sud… On voulait au moins faire un myspace. Ce serait marrant qu’on le fasse vraiment.

Te rends-tu compte que tun laisses pas indifférent et que tu provoques des réactions extrêmes que ce soit dans l'adoration ou la détestation ? N'est-ce pas lourd à gérer ?
Non ! (rires). Pour l'instant, on ne parle que de ce j'ai fait à
La Nouvelle Star...
... tu suscites des réactions hallucinantes... c'est soit "
Benjamin Siksou ? Je ne peux pas le supporter !" soit "Je l'adore !" : tu ne laisses pas indifférent. Tu t'en rends compte ou pas ?
Non, je pensais que... Ah oui ? Y a des "pour" et des "contre" ? C'est cool ça ! Je pensais que j'avais une image plutôt lisse... et plate !

Tu ne le vois donc pas ?
Je sais qu'il y a des groupes anti-
Benjamin Siksou sur Facebook... après ce n'est qu'un jeu cette émission... je l'ai vécu comme cela... c'était intéressant de voir comment cela prend de l'importance tout d'un coup et le jour d'après, plus rien.

Alors maintenant, tu te prépares à tomber dans l'oubli ? (rires)
Bah non ! Justement, ce n'est pas pour cela que j'ai fait cette émission. Si on veut faire ce métier, faut se faire un nom. Se faire connaître.
On t'a découvert... j'assume pas ma question ! (rires)
Alors vas-y, passe ! (rires)
Bah non, elle n'est pas si nulle...

 

(finalement, je l'ai zappée... "On t'a découvert introverti, puis de plus en plus à l'aise puis apparaître plutôt drôle pour enfin accepter de jouer de ton sex appeal notamment dans cette interview dans Elle ou ces photos pour l'Officiel Hommes (encore que tu es le seul à ne pas être torse nu, pourquoi donc !?). Quel rapport à ton image as-tu ? Comprends-tu que tu puisses être perçu comme un objet de désir ?")

 

T'as vu "Largo Winch" ? (NDRL : sortie nationale le 17 décembre)
Noooooon ! Je dois le voir bientôt. Je suis très impatient !

Tu sais quel est l'importance de ton rôle ?
Un petit rôle mais je suis
Largo Winch quand même ! (sourire charmeur)

 

(Benjamin joue le rôle de Largo Winch jeune à l'occasion de flashbacks du héros incarné à l'âge adulte par Tomer Sisley)

Tu l'as vu la vidéo du baiser posté sur le blog officiel ?
Ouais, ouais... (haussement d'épaules).

Ton agent a reçu des scénarios ?
Oui, quelques-uns. Il y a quelques rôles de musiciens. Je ne sais pas trop comment appréhender ça parce tant que je n’ai pas fait mes preuves en tant que musicien, ça me pose un problème de jouer le rôle d’un musicien qui essaie de percer. Y a un mix réalité/fiction vraiment bizarre. Sinon, j’ai reçu d’autres scénarios, vachement bien. Y a des metteurs en scène qui veulent me rencontrer ou qui écrivent en pensant à moi… c’est vraiment impressionnant ! Aujourd’hui, ma priorité reste d’écrire l’album mais je n’ai pas envie de laisser tomber le cinéma. En novembre, je vais tourner dans un court métrage d’un réalisateur qui a une vingtaine d’années comme moi :
Renaud Lefevre. Ca c’est le projet sûr. Après y a d’autres films, d’autres rôles plus importants… à suivre après la conception de l’album.

Comment t’es-tu retrouvé sur le film de Sophie Letourneur « Ma vie au ranch » ? (sortie nationale en 2009)
Alors ça, c’est un peu à part. C’est un projet avec ma bande de potes. La réalisatrice cherchait une vraie bande d’amis. Elle a fait des castings sauvages et au final, c’est tombé sur nous ! Le tournage s’est déroulé en plein pendant la
Nouvelle Star. Je n’ai donc pas pu vraiment y participer même si j’ai quand même pu tourner deux scènes en plus de celle au Mélody Blues en juillet dernier. Je ne sais pas à quoi cela va ressembler mais c’est clair que pour nous cela a été une super expérience. C’était génial de faire ce film tous ensemble. Dans tous les cas, ce sera un super souvenir lorsqu’on aura 50 ans !

Avec quels réalisateurs aimerais-tu tourner et quels comédiens apprécies-tu ?
Jean-Pierre Bacri ! Je suis fan ! J’adore François Cluzet aussi.

Tu as écris un court-métrage « Trois dans les yeux », ça parle de quoi ?
Faut le voir pour le comprendre ! Il est partiellement tourné. C’est un film basé sur des voix off. Je voulais le terminer avant l’émission mais je n’ai pas réussi. J’ai déjà toutes les voix. J’avais commencé à tourner dans les rues… un peu à l’image de mes longues marches dans Paris. Ce film est un chemin un peu introspectif. Ce n’est pas un film d’action du tout. Y a un comédien principal,
Roman Kolinka et quelques rôles féminins secondaires.

Tu vas le finir ?
J’espère ! Je ne sais pas quand mais ce projet me tient à cœur, alors oui !

Et last question but not the least… quand vas-tu réactualiser ton myspace !?
Je ne sais pas !

 

BENJAMIN REPOND AUX INTERNAUTES