"Mes chères études" : premières critiques

Publié le par Milega

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Ci-dessous premiers papiers sur ce téléfilm réalisé par la cinéaste Emmanuelle Bercot dans lequel Benjamin Siksou tient le rôle du petit ami égoïste et radin du personnage principal, Laura D. interprétée par Déborah François :

Une fille simple, normale, ordinaire.
Saisie par la force du sujet, qui concernerait plusieurs milliers d'étudiants en France, le service fiction de Canal+ valide la proposition des producteurs des Films du kiosque de tourner l'adaptation du livre. Très vite, le nom d'Emmanuelle Bercot s'impose, à la réalisation : "Elle a prouvé, avec "La puce" notamment (en 1999, autour d'une relation entre une jeune fille et un homme plus âgé, 1999, ndlr), qu'elle savait travailler avec finesse sur des sujets sensibles et peu traités", résume Dominique Jubin, directrice adjointe de la fiction de Canal+. Si la lecture du livre convainc rapidement la cinéaste, c'est la rencontre avec la véritable Laura D. qui provoque le déclic : "En la voyant, le sujet du film s'est incarné pour moi, c'est devenu concret : Laura est une fille simple, normale, ordinaire. J'ai alors réalisé que son histoire pouvait arriver à beaucoup d'autres". Déborah François, choisie à l'unanimité, se coule avec une incroyable justesse dans la peau du personnage. "Laura a vu le film et elle a été bouleversée par sa prestation", confie Emmanuelle Bercot. La jeune fille avoue même à la réalisatrice que "certaines scènes tournées avec des acteurs étaient telles qu'elle les avait vécues avec ses clients".

Ne pas édulcorer la réalité.
Le parcours cauchemardesque de l'héroïne, filmée de chambres d'hôtels glauques en rendez-vous peu galants, agit comme un électrochoc. L'identification joue à plein et on retient son souffle dans les scènes où la jeune femme se retrouve face à ses clients : que va-t-il lui arriver ? Sur qui va-t-elle tomber ? Comment va-t-elle s'en sortir ? Par l'attention portée sur le corps abusé de Laura plutôt que sur ses meurtrissures psychologiques, Emmanuelle Bercot reste sur le fil de l'émotion, sans prendre parti. Une prouesse, tant l'exercice se révèle piégé : "Il ne fallait pas faire un film glamour, voyeuriste, misérabiliste où Laura D. passe pour une victime. Le vrai défi, c'était de ne pas édulcorer la réalité. Ne pas être en deçà de ce qu'elle a vraiment vécu". En somme, restituer au témoignage d'origine sa terrible vérité.
Vincent Noyoux.

SOURCE ICI

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A vendre, cause précarité, chair fraîche. Pour payer sa première année de fac, Laura, 19 ans, a dû trouver un petit boulot supplémentaire, en plus de ses heures de télémarketing. Elle se prostitue. Le corps est au coeur de ce téléfilm-coup de poing qui montre, sans faux-fuyants, l'intimité dévoyée en outil de travail. A califourchon au-dessus du rebord de la baignoire, la jeune fille se lave le sexe, avant son premier rendez-vous avec un client. La cinéaste Emmanuelle Bercot filme avec radicalité et tendresse la chair, objet de consommation, soumise à la dévoration, qui est aussi l'épiderme, contour de l'identité, fragile frontière avec l'extérieur. On est tout près de Laura, jouée par l'excellente Déborah François. Dans sa peau. On souffre de ces mains qui se posent sur elle, de ces corps étrangers qui la pénètrent contre 100 euros. Première fiction à s'emparer du sujet de la prostitution étudiante, ce film épidermique parvient à faire partager ce que ressent Laura. La peur, la douleur, le dégoût. Le plaisir ? Il n'apparaît qu'au seul moment d'enfouir les billets dans la poche du jean. On connaît le talent d'Emmanuelle Bercot pour déployer les facettes de la féminité à l'âge fragile de l'adolescence : au cinéma avec «la Puce», récit d'un dépucelage, ou «Backstage», histoire d'une jeune fan face à son idole; à la télévision aussi, avec «le Choix d'Elodie» sur le dilemme d'une lycéenne enceinte, et même «Tirez sur le caviste», savoureuse pépite de la collection «Suite noire» (diffusée cet été sur France 2), avec Julie-Marie Parmentier dans le rôle explosif d'une jeune zonarde. Cette fois encore, la réalisatrice brosse le portrait d'une jeune fille et de son corps en proie au monde.

Au départ, il y a l'histoire vraie de Laura D. Dans un livre-témoignage, «Mes chères études» (éd. Max Milo), sorti en 2008, cette jeune fille sans histoire raconte comment elle s'est prostituée pendant sa première année de faculté. Un récit à la première personne, factuel et tranchant, qui a attiré l'attention des producteurs des Films du Kiosque, Denis Pineau-Valencienne et François Kraus. «Avec la télévision, l'avantage, c'est la rapidité, souligne ce dernier. Le sujet est d'une actualité terrible, il faut le traiter à chaud.» Les deux producteurs ont tout de suite pensé à Emmanuelle Bercot. La réalisatrice a tenu à rencontrer Laura D. : «J'avais des questions à lui poser, mais j'attendais surtout beaucoup du moment où je la découvrirais physiquement. E n'y a rien, chez elle, d'ostensiblement sexuel : c'est ce contraste-là qui est vraiment émouvant.» Un contraste que fait exister à l'écran l'incarnation naturaliste et lumineuse de Déborah François, découverte dans «l'Enfant» de Jean-Pierre et Luc Dardenne et récompensée par un césar pour «le Premier Jour du reste de ta vie». Elle aussi a souhaité connaître la jeune femme dont elle tient le rôle : «Je me suis reconnue dans son optimisme, sa soif de faire des études... C'est un vrai soleil, cette fille. Je ne voulais surtout pas en faire une victime.» Elle analyse : «L'enjeu, c'était de montrer comment on a la faiblesse de tomber là-dedans, mais aussi comment on a la force de continuer. C'est de l'argent rapide, mais en aucun cas de l'argent facile
Factures, courses, loyer, découvert bancaire. .. Autant de chiffres mitraillés sur l'écran, au rythme d'une implacable caisse enregistreuse. Avec un humour féroce, «Mes chères études» expose la précarité d'étudiants qui sont, pour certains, trop pauvres pour se contenter d'étudier et trop riches pour les aides boursières. Rapports économiques, rapports de force, rapports sexuels. Combien, comme Laura, en viennent à la prostitution occasionnelle ? Difficile à dire en l'absence de toute statistique sur le sujet, mais l'on sait qu'ils sont 225 000, parmi les 2 200 000 étudiants recensés en France, à connaître de grandes difficultés pour financer leur scolarité. Pour Canal+, qui s'est illustrée par la mise en oeuvre de fictions ancrées dans l'histoire récente et le politique (qu'il s'agisse de l'affaire Elf, du génocide rwandais ou bientôt du destin du terroriste Carlos), «Mes chères études» témoigne d'une «ouverture de la ligne éditoriale» en direction des phénomènes de société, confirme Dominique Jubin, directrice adjointe de la fiction. «Comme pour nos autres téléfilms, il s'agit de lever le voile sur une réalité, sans porter de jugement. Au final, c'est une façon d'assumer, cette fois aussi, un regard politique.» Empreint d'un réalisme saisissant et d'une grande beauté formelle (cadres sensibles et bande-son électrique), le film d'Emmanuelle Bercot a la force d'un décryptage acéré de notre époque et la grâce d'un instantané, celui d'une jeunesse blessée à l'aube de l'existence.
Marjolaine Jarry

SOURCE / TELEOBS

Le téléfilm "Mes chères études" est diffusé lundi à 20h45 sur Canal+ et devrait être visible sur internet rapidement (le lendemain ?).

 

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Geronimus 28/10/2011 01:54


Bonjour, Ce film est assez caricatural et cumule les situations toutes plus improbables les unes que les autres. Le personnage de l'étudiante est mal caractérisé, Le propos gauchisant de la
conclusion du film tente de nous faire croire que les étudiantes universitaires n'ont d' autres moyens de vivre que de se prostituer, exit le nombres incroyables de petits jobs possibles pour un
étudiant ( je l ai été ), il n en est pas fait mention... Car qu on l admette ou non, étudier à la fac n a jamais été un boulot à plein temps en ce qui concerne les premières années ( détenteur d'
un troisième cycle, je sais de quoi je parle...). Bref, un film bavard et manipulateur.


A 16/01/2010 00:24


Non, je vais me renseigner...J'ai un pote qui bosse à la progra...mais généralement, il ne peut rien dire donc, faible espoir! :s


Milega 16/01/2010 01:12


bah restera canalplay...


A 15/01/2010 23:35


Tu sais ce qui est le plus deg' dans toute cette histoire? C'est que Déborah François est Belge (Liégeoise même), que j'ai le Canal+ belge...et que c'est même pas diffusé...Quel manque d'effort
alors qu'ils nous passent des navets toute la journée! Qu'ils foutent de la pub à la place de Samantha Oups et qu'ils diffusent Mes Chères Etudes, voilà.

(C'est la luuuteu finale...)^^


Milega 16/01/2010 00:21


ah merde... et tu ne sais pas quand cela passe sur le Canal+ belge ?