La vie au ranch by Critikat et d'autres

Publié le par Milega

Bravo à Marion Pasquier pour cette critique que je trouve TRES juste : exactement ce que je pense du film !!!!!!

Le ranch, c'est l'appartement où aime se retrouver une bande de jeunes. Ils ont vingt ans, ils habitent Paris, ils font des études qu'ils suivent de plus ou moins loin (plutôt de loin d'ailleurs). Qu'est-ce qui les intéresse ? Être ensemble, partager n'importe quel moment entre amis. Faire les fous dans un lit, s'entasser à dix autour d'un plat de spaghettis et de vin rouge dans un studio, aller à une fête, danser, flirter... Ils parlent beaucoup, et fort, ne sont jamais las de dire et d'écouter. Ils rient, ils boivent, ils fument des cigarettes. Leurs parents n'apparaissent jamais, et sont très peu évoqués. Seules leurs sorties, leurs amitiés et leurs amours, semblent les intéresser. Ils évoluent dans un milieu privilégié, ils habitent à Châtelet, ne travaillent visiblement pas pour payer leurs études. Cette aisance leur permet de se concentrer sur des futilités si importantes à l'âge qu'ils ont. Leur gaité prédominante est aussi ternie par de petites contrariétés, de petites douleurs : dispute entre amoureux, séparation, rencontre d'un soir qui ne rappelle pas...

Si les enjeux dramatiques sont si minces, c'est que Sophie Letourneur, qui n'a pas quitté l'âge de ses personnages depuis bien longtemps, s'intéresse essentiellement à leur fraîcheur, qu'elle parvient très bien à capter. La caméra enferme souvent dans le cadre les corps et les visages déjà enfermés dans des appartements. Elle se concentre sur l'énergie qu'ils dégagent, elle ne les lâche pas. Aucun des personnages (interprétés par des non professionnels) ne bénéficie d'un traitement de faveur de la part de la cinéaste, tous sont pour elle porteurs d'un même degré d'intérêt. Parfois quand même, elle en met certains en valeur en les isolant dans des gros plans assez longs. Nous sommes donc tout près d'eux en permanence, et la présence qu'ils dégagent est forte. Cette dernière cohabite cependant avec la distance de laquelle peut les appréhender notre regard. Nous pouvons en effet trouver antipathiques ces êtres aux préoccupations nombrilistes, qui ne pensent pas au monde qui évolue autour deux. Ils sont bruyants, agités, ils peuvent donc fatiguer.

Au moment où la répétition de scènes parisiennes semblables tend à lasser, Sophie Letourneur a la bonne idée de nous emmener en Auvergne, dans la montagne en plein été. En vacances, les filles font des randonnées, vivent au rythme de la campagne (ce qui déplaît franchement à certaines). Le calme se substitue à l'euphorie, le silence au brouhaha, la vive lumière naturelle aux obscurités parisiennes, les vastes paysages aux exigus appartements. Les corps sont libérés du cadre, la cinéaste les laisse s'éloigner dans le champ, s'inscrire pleinement dans le décor. Les silhouettes évoluent alors avec une grâce qui contraste avec les mouvements plutôt brusques, heurtés, qu'elles effectuaient à Paris, et qui tend à nous les rendre plus sympathiques. Une franche ellipse nous emmène ensuite à Berlin, en hiver. Lier les séquences dans le temps et de façon logique ne semble pas intéresser la cinéaste, et nous nous en réjouissons. Peu importe ce qui s'est passé pendant les mois qu'on ne nous montre pas, nous nous posons à peine la question. Ce qui compte une fois encore, est de voir comment se comportent les personnages dans une situation donnée, dans un présent coupé de la chaîne temporelle dans laquelle il s'inscrit. La conclusion berlinoise se contente donc de suggérer que les situations ont un peu évolué pour certains personnages, mais qu'eux semblent être restés les mêmes.

Marion Pasquier pour CRITIKAT

1Quelques-uns des comédiens avec la réalisatrice à Vendôme

++++ commentaire d'un spectateur sur le forum de Film de Culte :

Doublement primé à Belfort, le premier long de Sophie Letourneur (Roc & Canyon) fait penser à un mix entre Rohmer et Muteen, enfilade de scènes de beuveries girly brouhahaesques très bien dirigées qui ressemblent à s'y méprendre à de l'impro en roue libre. Si Letourneur se débrouille de main de maître avec ses actrices et un sens du cut assez revigorant, elle n'évite pas une vacuité pia-pia-pia qui pourrait aussi bien provoquer le culte que donner naissance à une vague sans précédent d'outings homos.
3/6

+++++++ critique de François Bousquet (son blog)

Au rayon des films français, La Vie au Ranch fut doublement distingué (Prix et Prix du public), nouvelle réalisation de Sophie Letourneur, cinéaste préoccupée par les adolescents et jeunes gens depuis ses courts-métrages (on se souvient notamment de Manue Bolonaise). Au départ, le film met en place un dispositif plutôt frais et sympathique avec une plongée immédiate dans un anniversaire, autour d’un groupe d’une demi-douzaine de jeunes filles d’une vingtaine d’années. Mais bien vite, le schéma se répète, de soirées arrosées en matinées difficiles, on sèche la fac, on passe de mec en mec et on rêve de partir à Berlin (parce que, forcément, « Paris, c’est figé »). Bref, les lieux communs et situations convenues s’enfilent comme des perles et les difficultés du monde réel semblent bien loin quand on rentre dans son appartement proche des Halles (tous frais payés par des parents qu’on ne verra jamais), qu’on écoute de la musique sur le dernier iMac et qu’on sort le soir au Baron. Au moins, sur une thématique proche et malgré tous ses défauts, Lisa Azuelos dans LOL faisait montre d’un peu plus de distance vis-à-vis de personnages également moins têtes à claques.

Publié dans Film : La vie au ranch

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anouch 02/01/2010 02:40


J'espère hardement que mules reprenne le flambeau lors de ton voyage!! Ceci dit pourquoi ne pas organiser un concours de plumes afin de te trouver une remplaçante et un renfort pour Mules? Des
volontaires? Enfin je dis ça, je dis rien...


Milega 07/01/2010 21:17


J'y ai pensé... à suivre ou pas ! :-)
Volontaire Anouch ?


LOLA 01/01/2010 15:49


C'est dommage de lire ça Milega.... le blog est chouette aussi pour les notes musicales autres que celles de Ben....ça vous prend sûrement du temps certes mais l'idéal serait que chacun de
vous ( même les anciens, en tout ça fait au moins 4 non ? ) veniez de temps à autre laisser une note !

En tout cas merci bien à vous tous pour les découvertes et le décalage qu'on trouve ici !

Et de la bonne année.


Milega 07/01/2010 21:18


Merci à toi delire ce blog... chais pas. A voir qui pourrait reprendre le flambeau.


Amandla 31/12/2009 15:01


hey hey hey peut-être que les autres lecteurs du blog sont à l'image de celui à qui il est dédié ...de grands..timides ;)))

Il se passera encore trop de chose dans la carrière de Benj, et ce blog et MuLes et Toi êtes définitivement irremplacables.
Je ne me vois pas attendre des news de Benjamin sur closer, ou public.
J'arrive pas. Je ne peux mêêême pas imaginer une fin à cette histoire, ça fait deux ans qu'on trépigne, qu'on trippe et qu'on communie joyeusement dans le cyber espace, ça serait TROP dommage.

alors bien que les commentaires soient peu nombreux, le fait que les gens viennent et reviennent sur le blog et que les infos qui y sont publiées tournent en boucle sur d'autres sites, c'est bien
une preuve de qualité et de reconnaissance.

d'ailleurs du 6 au 8 février 2010 on devrait fêter ça!


Milega 31/12/2009 15:09


Irremplaçable, personne ne l'est.
Après, pour la survie de ce blog, je ne te cache pas que si MuLes ne reprend pas le flambeau de mars à juin, il sera mort puisque je serais en vacances en Asie... maintenant, d'ici là, suis
certaine qu'on parlera du Siksou partout et que ce blog n'aura plus sa vocation...
Yes !!!! Hâte de te revoir à Paris, miss !!
(et bon courage pour tes exams...)


karine 30/12/2009 14:34


oui! pis là c'est THE 1rst rôle, THE big production!!!

Hé bé... deux ans... ça parraît long mais faut dire qu'il est évident que le temps passe bcp plus vite pour LUI que pour nous (d'où, parfois, notre impatience un peu démesurée^^) Mais quel chemin
parcouru depuis 2 ans...!!!! c'est dingue quand on y repense! Tes articles sur Lepost, ce blog crée par MuLes et J007... c'était hier.. et pourtant.. 2 ans! Ha... ne nous lâchez pas les filles,
hein! On a encore tant besoin de vous...


Milega 31/12/2009 10:39


Dommage que tous les lecteurs ne laissent pas autant de commentaires que toi... ça aiderait à ne pas lâcher ! :-)
Joyeuses fêtes !!!!


karine 29/12/2009 20:47



oh oui! très très bon compte rendu.. ça donne encore plus envie de la voir...

... mais sérieux décalage avec "mes chères études"... et pourtant.. même jeunesse, même époque... comme quoi..!



Milega 29/12/2009 20:59


il est vrai... mais tout ceci n'est que du cinéma ! :-)

Aux Armes mettra peut être tout le monde d'accord avec le côté bourgeois (tu l'as eue dans un Kinder ?) et l'immigration clandestine...