Cinéphilie : Audrey Estrougo et Benjamin Siksou

Publié le par MuLes

L'article est étrange...

Les goûts et des couleurs...

Le film est jugé avant d'avoir été vu semble-t-il?

Le reste est intéressant !

 

 

"[cinéphilie :] Audrey Estrougo et Benjamin Siksou

Par jennyulrich

Audrey Estrougo (réalisatrice) et Benjamin Siksou (comédien) étaient à Strasbourg pour présenter Toi, moi, les autres (sortie le 23 février 2011). La classique histoire d’un Roméo des beaux quartiers (fiancé, fêtard, joueur) qui rencontre une Juliette socialement défavorisée (jolie beurette qui passe son examen de droit et aide ses amis et voisins en situation plus ou moins régulière). Résumons : une histoire classique donc, des personnages principaux peu intéressants, certains personnages secondaires très caricaturaux (et d’autres moins, heureusement), une bonne dose de naïveté dans la façon d’exposer les enjeux politiques et sociaux et, pour couronner le tout, c’est une comédie musicale… Euh, oui, ça ne donne pas forcément envie… Mais il y a le premier film d’Audrey Estrougo, Regarde-moi (2007), bonne surprise, bon souvenir. Alors on tente Toi, moi, les autres avec un reste de confiance tout de même… Verdict ? On en débattra dans la prochaine émission de Cutlaradio (en ligne le 5 mars 2011) et en attendant, Audrey Estrougo et Benjamin Siksou réagissent aux films suivants.

 

WEST SIDE STORY (Robert Wise) :

Benjamin Siksou : J’ai l’impression que ça a…

Audrey Estrougo : Que ça a mille ans ? C’est un peu le cas !

BS : Que c’est la pierre angulaire de la comédie musicale engagée… Je ne sais pas si avant elles étaient engagées comme ça ?

AE : Si, ouais…

BS : S’il y avait un vrai propos derrière tout ça…

AE : C’est le film qui a permis, je pense, de faire plusieurs films derrière… Moi ce film m’a toujours paru long. Quand je l’ai revu je l’ai encore vécu super long, mais à la fin il te reste deux trucs et ce sont des trucs hyper politiques. Il est bien fabriqué ce film. L’implant marche bien : si tu t’endors à tel moment, tu as quand même pris l’implant et quand tu te réveilles tu te remanges l’implant. Je le trouve hyper malin.

BS : Je me souviens des danseurs très efféminés aussi, ça m’avait marqué… Non, mais ça date, ça a vieilli, ce n’est pas un truc intemporel du tout, mais j’aime bien : ça a vieilli, mais pas mal.

AE : Mais parce que je pense que le propos n’a pas vieilli. Le film en lui-même oui, l’esthétique est complètement dépassée, mais malheureusement le propos du film est resté bien d’actualité.

 

ON CONNAIT LA CHANSON (Alain Resnais) :

BS : J’aime beaucoup ce film. J’avais trouvé ça vachement bien quand j’étais petit, et puis je l’ai revu et j’ai trouvé ça très drôle. Et puis il y a Jaoui et Bacri, mes deux idoles… Je ne sais pas, j’aime beaucoup ce film. Qui est assez inédit dans sa forme. Et ça marche vachement bien.

AE : Oui, c’est vrai que la forme m’avait beaucoup marqué, mais ce qui m’avait encore plus marqué, je ne sais pas pourquoi, c’était toutes les affiches dans le métro. J’étais petite et je disais : ah ouais putain !

BS : Les bandes annonces elles étaient exceptionnelles !

AE : Aussi. Ouais, c’est clair.

 

GAINSBOURG VIE HEROIQUE (Joann Sfar) :

BS : Ah. Très belles images…

AE : Forcément !

BS : J’avais trouvé ça super beau et puis plus ça avançait… Enfin, toute la partie sur l’enfance je la trouvais magnifique et puis il se rangeait au fur et à mesure, ça devenait de plus en plus commun. Alors que le début partait sur des bases hyper originales. Puis ça allait dans le commun, les images d’archives qu’on connaissait. J’ai trouvé ça dommage. Je n’aime pas comment il a évolué ce film. Mais au début je trouvais ça magnifique… Voilà…

AE : Je dis pareil…

BS : Et l’acteur !

AE : Oui, Eric (NDLR : Elmosnino), grave. Super acteur, super images, il ne manque plus qu’un point de vue de réalisateur en fait.

BS : Mais il y est au début.

AE : Mais pas tenu.

BS : Non.

 

ILLEGAL (Olivier Masset-Depasse) :

BS : Pas vu.

AE : Oui, complètement… C’est très drôle d’ailleurs de voir comment… C’est l’histoire de Tina dans Toi, moi, les autres, mais sans la comédie musicale… C’est assez surprenant du coup de voir comment une histoire peut être traitée de manière complètement différente… Ça m’a beaucoup touché. Forcément c’est un sujet qui me touche… Et ce que j’aime encore plus dans le cinéma, c’est que, voilà, on peut raconter des histoires sous des formes diverses et qu’il faut arrêter d’à chaque fois vouloir tout censurer.

 

L’INTRUS (Nicolas Klotz) :

AE : Ouis. Pareil. Plus dur que Illégal quand même, beaucoup plus dur. Nicolas Klotz c’est un autre cinéma… Mais moi, c’est un sujet qui me tient tellement à cœur que là, je suis à fond : on peut parler quatre heures ! Ce que j’aime vraiment, c’est que voilà, moi je n’ai pas un style de cinéma particulier, donc à partir de là… Je trouve que ce que les deux ont en commun, c’est la vraie sincérité de leur démarche cinématographique et que forcément, il en ressort des films forts.

 

REGARDE-MOI (Audrey Estrougo) :

AE (s’adressant à Benjamin Siksou) : Oh ben je te laisse faire hein ! Parce que là, perso ! Voilà…

BS : Quoi, tu ne veux pas donner un point de vue sur ta propre œuvre ? C’est le film que j’ai vu la veille du casting, qui m’a séduit immédiatement et qui m’a donné envie, tout de suite, de rencontrer Audrey. Ça m’avait vachement impressionné. Et en plus, de savoir que ça avait été fait par une fille de 22, 23 ans, je trouvais ça encore plus génial. Donc, je me suis dit : allons-y, on va voir ce qui nous attend. Voilà.

AE : Euhhhhhhhh… Non, mais c’est super délicat. C’est marrant parce qu’on en parlait tout à l’heure : je l’ai vu, vraiment, pour la première fois il y a trois jours… C’est bizarre, c’est se voir toute nue pendant 1h30 sur une télé… Mais autant qu’il m’énerve, il me touche je pense. Et voilà… Voilà, c’est mon premier film et il a les qualités et les défauts que ça implique."

 

Jenny Ulrich

 
Source : http://cutlarevue.fr/2011/02/23/cinephilie-audrey-estrougo-et-benjamin-siksou/
 
 

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Rosalie 22/09/2017 22:53

Je suis peut-être fan, mais je ne savais pas du tout que Benjamin était comédien. Tu viens de me poser une colle. Il a joué dans combien de films (ou pièces) ?